Le Tout Nouveau Testament

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    DIEU EXISTE. IL HABITE À BRUXELLES. - Dieu existe et habite à Bruxelles. Il vit avec sa femme et sa fille Ea, qu'il tyrannise, méprise son fils, JC et s'amuse à maltraiter les mortels durant son temps libre. Un jour, Ea décide de punir son père et de venir en aide aux humains. Après avoir envoyé la date de mort de tous les hommes par SMS, la petite fille part à la recherche de six nouveaux apôtres, pour écrire un Tout Nouveau Testament, sur le modèle de celui de son frère. Comédie douce-amère, teintée de fantastique, Le Tout Nouveau Testament retrace ainsi le voyage initiatique, tendre et amusant, et l'émancipation de la jeune Ea au contact des existences simples et mélancoliques, de six personnes.
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    Le Tout Nouveau Testament

    UTILISATEURS
    (2.65 pour 77 notes)
    REALISATION:
    ANNEE:
    PAYS:
    Belgique,France,...
    DUREE:
    1h 53min
    ACTEURS:
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    Synopsis du film Le Tout Nouveau Testament

    Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

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    Quoi de plus fantastique que rire au cinéma ? Alors quand les fantômes, les martiens, les lutins ou les anges se mettent en tête de nous amuser ... le film culte menace ! Quand la magie ou la science...
    Vive la famille! Non, non les réunions de famille ne sont pas que réglements de compte. Il y a de la tendresse, de l'humour et des belles bastons aussi...

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    MAYDRICK
    Le 27/10/2016
    22 critiques
    A force d’avancer et d’aborder sujets sérieux après sujets gravissimes et sujets primordiaux, nous en oublions parfois nos objectifs. Alors rappelons-nous que nous y allons tout droit, et que le meilleur moyen d’y arriver c’est encore en riant. Et cela tombien car nous allons bien nous gausser, puisque de la Bible nous allons parler.

    Le film biblique est un filon jamais épuisé qui connut ses heures de gloire grâce à des films à grand spectacle comme THE TEN COMMANDMENTS, THE GREATEST STORY EVER TOLD, THE BIBLE : IN THE BEGINNING… etc. Ce cinéma s’étant tiré une balle dans le pied du fait de son conformisme et de sa candeur, il fut obligé de se renouveler dans des approches plus profondes (THE LAST TEMPTATION OF CHRIST ou THE PASSION OF CHRIST), voire beaucoup plus dissimulées comme dans le sublime SOUTHLAND TALES ou, d’une autre manière, dans l’essentiel de l’œuvre de Terrence Malick. Splendide retournement de situation qui rend le propos plus malléable, permettant d’ancrer dans notre réalité la plus quotidienne toutes les fantaisies extraordinaires de l’ouvrage. Quand l’histoire officielle n’est autre qu’une fiction, elle ne fait que préparer le terreau des plants cinématographiques. Après tout, on fait bien des films sur les snuffs movies ou sur une petite fille qui survit avec des loups !

    Donc, Dieu existe. Vous pouvez rire. Pas parce qu’il s’agit d’un film belge, mais plutôt parce que c’est tout ce qu’il vous reste (lire plus haut) et que les occasions ne seront pas légion par la suite (lire plus bas). Dieu existe, donc. Rire vous pouvez. Il habite Bruxelles. Il a une femme dont la virginité commence maintenant à lui peser sérieusement puisque ses fantasmes prennent la forme d’équipes de base-ball, avec leurs grosses battes. Dieu a aussi une fille, ça on le savait moins, et si le Père a été un peu trop conciliant avec le Fils (on a vu où cela L’a mené), Il a retourné sa redingote et choisi un régime plus strict pour la petite brunette… Mmmouais. Pourquoi pas, camarades. Nous avons déjà été plus malmenés par des pitchs pourtant beaucoup plus affriolants. Et puis avec les belges, sait-on jamais… C’est un cinéma qui nous a donné des choses complètement fofolles ces dernières années et des films sublimes comme LINKEROEVER de Pieter Van Hees, LES GEANTS de Bouli Lanners, THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN de Felix van Groeningen, OFFLINE de Peter Monsaert… Mais Jaco Van Dormael n’est pas de la même trempe.

    Ce réalisateur s’est fait connaître dans les années 90 avec 2 films jugulairement insupportables (TOTO LE HEROS et LE HUITIEME JOUR). Et puis, sa carrière s’est interrompue jusqu’en 2009. 13 années pendant lesquelles il s’est intéressé à la mise en scène de pièces de théâtre et d’opéras à ce que j’avais pu lire. Je ne saurais vous le certifier et d’ailleurs peu importe. L’essentiel ne réside pas là. Ce qui est intéressant, c’est la période de gestation qui s’est écoulée. D’abord, 13 ans c’est long, mais il n’est pas revenu comme certains le font, en continuant comme si de rien n’était. Il y a une vraie rupture entre le cinéma qu’il faisait avant et celui qu’il livre maintenant. Tout du moins dans la forme, sinon il est toujours aussi maniéré, engoncé dans une prétention qui cherche à élever le débat sans en avoir les moyens, à vouloir prouver sa supériorité sur le spectateur, et en se posant comme donneur de leçon et instigateur de morale bien-pensante. Ce changement me fait penser à celui d’Ilan Duran Cohen. Réalisateur français qui débute en 1991 avec LOLA ZIPPER. Film totalement anonyme, sans ambition, sur un scénario vu et revu. Le film est très ennuyeux. Il fait alors une pause de 9 ans, pendant laquelle il se tourne vers l’écriture. Puis, il se remet à réaliser des films beaucoup plus personnels, à connotation plus proche de l’art et essai, mais surtout qui témoignent d’un univers qui lui est propre même s’ils ne sont pas exempts de défauts majeurs. Ce que je veux dire par là, ce n’est pas que les années passent et que le temps fait son travail en donnant de la maturité à certains cinéastes alors qu’il appauvrit les autres (c’est mon principal grief contre les frères Coen). Non, ces exemples témoignent plutôt de personnes qui se sont remises en question, qui ont profité de leur éloignement pour nourrir une réflexion sur le médium, développer un univers avec lequel ils seraient plus en phase, au lieu d’être influencés, de recopier ou d’essayer de faire comme (processus souvent inconscient et qui est à l’origine de leur incompréhension face à certaines critiques).

    Donc, quand Jaco Van Dormael nous revient en 2009, son cinéma est transfiguré. MR. NOBODY est un film plutôt agréable à regarder, pas follement trépidant non plus, mais c’est déjà plus du cinéma. C’est aussi très étonnant que l’on ait donné le plus gros budget pour un film belge (33 millions d’euros) à un réalisateur qui n’avait rien fait depuis 13 ans ! Comprenne qui pourra. Et LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT est seulement son quatrième film en 24 ans. Quand je vous dis que le temps ne fait rien à l’affaire ! Si le film s’axe sur de grands chapitres bibliques, c’est pour mieux cacher ce qu’il s’est bien gardé de mettre en avant : il s’agit bien plutôt d’un film pour enfants. Nous touchons ici à son problème majeur : le film est sans cesse en train de se dissimuler, de mettre en avant des qualités techniques qui occultent le manque de profondeur du récit, toujours en train de vouloir nous vendre autre chose que ce qu’il est. C’est le syndrome de tous ces films complexés de ne pouvoir arriver à la cheville du cinéma dont ils se réclament : la superproduction hollywoodienne. Et la débauche de moyens n’a jamais permis de faire oublier de genre de spoliation. Hier soir, je regardais PAPA OU MAMAN de Martin Bourboulon, et comme ici nous critiquons les films sur le même pied d’égalité, je peux vous dire que ce dernier se regarde de manière bien plus alerte car le film est livré clefs en main, sans vice caché et conforme à la bande annonce. En étant beaucoup plus franc du collier, cette comédie assez bien rythmée se débarrasse de tout mépris dans sa mise en scène, et même si elle ne propose que très peu de cinéma, c’est en respectant son sujet et ses personnages qu’elle parvient à nous offrir exactement ce que l’on est en droit d’attendre. PAPA OU MAMAN, malgré son scénario infantilisant (mais ça, nous sommes habitués avec la comédie française), a surtout l’avantage de laisser aux comédiens une place plus large que celle écrite dans le script. Le réalisateur se permet ainsi de garder des prises ratées (c’est joli d’apercevoir non pas un personnage mais une comédienne qui sourit des facéties de son partenaire), de laisser improviser les acteurs à l’intérieur des scènes, et même de rallonger des prises pour nous gratifier de répliques improvisées. Comprenez bien que c’est parce que le cadre est extrêmement bien défini que les comédiens peuvent se sentir libres et faire en sorte que tout ce qui est inattendu soit exactement ce qu’on attend d’eux. LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT c’est tout le contraire. Le scénario est extrêmement cadenassé et les partitions quasiment ciselées. Nous comprenons très vite que le champ d’action des comédiens est très resserré, alors qu’ils sont à peine dirigés. Dans ces cas-là, pour réussir votre coup, vous avez plusieurs possibilités. Soit vous dirigez vos acteurs de manière unique. Regardez les films de Bertrand Blier, il n’y a que chez lui que ces acteurs ont cette façon de jouer, ce phrasé si particulier. Francis Veber savait aussi faire cela à ses débuts. Au vu de ses précédents films, ce n’est pas le fort de Jaco Van Dormael. Soit vous faites un film sur la personnalité d’un acteur. C’est alors lui qui donne le la, comme De Funès a pu faire fonctionner des films dénués d’idées cinématographiques. Ca tombien, s’il y a un acteur sur les épaules duquel le film peut reposer c’est bien Poelvoorde (à la différence qu’il faut quand même le diriger, ce dont n’avait pas besoin De Funès). Soit, enfin, vous avez la chance que l’alchimie prenne entre les acteurs que vous avez réunis, comme Lafitte et Foïs dans PAPA OU MAMAN (et pourtant c’est aléatoire avec Marina Foïs puisqu’elle a un personnage comique très dépendant des castings). Et dans LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT il ne va pas falloir compter sur le scénario puisque le film est structurellement bâti sur une succession de scènes qui, la plupart du temps, mettent en valeur un personnage. Du coup, c’est un déroulé de scènes sans surprises et sans fulgurances. Et si on ne s’ennuie pas véritablement, c’est surtout parce Van Dormael sait très bien s’entourer dans ses équipes techniques. C’est la fameuse stratégie Jean-Jacques Annaud, qui consiste à demander l’appui de personnes surqualifiées, dans le but évident de camoufler les carences du réalisateur.

    Avec Christophe Beaucarne en chef opérateur, il en résulte un film très appliqué à créer de belles images. C’est toujours bon à prendre à l’heure où toute beauté paraît suspecte dans le cinéma français. Et quand, je dis « beauté », je sais très bien que Beaucarne a aussi fait la lumière de LA BELLE ET LA BETE l’année dernière. Je n’entends pas « beauté » dans le sens pittoresque, propre à écarquiller les yeux, ce qui en dit long sur la religion du « beau ». Non, il s’agit de vraie beauté, de celle qui nous subjugue, qui nous marque par un mystère de composition picturale, par une esthétique qui correspond à une émotion que l’on reconnaît, bref, par une retranscription de ressenti clairement identifiable, même s’il peut ne pas être verbalisable. Christophe Beaucarne s’essaie à différents jeux de lumières et nous retenons principalement, ces mouvements de lumières et d’ombres qui structurent les visages de différents personnages, à des vitesses peu réalistes. Cela rappelle certains travaux d’Henri-Georges Clouzot pour son film inachevé L’ENFER. Leur raison d’être entre en étroite relation avec ce dont je parlais tout à l’heure : ces effets ne sont qu’un décorum. Ils n’incarnent jamais la mise en scène et donc n’investissent pas les climats ambiants ou les sentiments des personnages.

    Puisque nous en sommes au chapitre visuel, j’ouvre une petite parenthèse concernant les effets spéciaux tout en numérique qui sont bien mal exécutés. Récemment, j’avais été très étonné de voir comment un excellent film comme IT FOLLOWS avait eu recours à des effets aussi laids. Etonnant car ce film à petit budget aurait très bien pu en faire l’économie et travailler sur du système D ou de la suggestion. Car les effets spéciaux vraiment réussis coûte très chers (encore que cela reste à prouver). Et si vous ne faites pas appel aux meilleurs, votre crédibilité ne pourra pas se quantifier. C’est tout ou rien. On ne mesure pas les effets spéciaux par rapport à ce qui se fait d’habitude. Sinon la norme c’est la médiocrité. Le film de Jaco Van Dormael n’échappe pas à la règle. Notamment un oiseau qui pourrait satisfaire nos exigences dès qu’il est immobile, mais il suffit qu’il bouge pour que s’évanouissent les lois du règne animal. En fait, vous voyez les grosses ficelles, le dessin numérique et donc l’artificialité du procédé. Tout comme le gorille du film. Ca sent la personne dans le costume dès son arrivée dans le cadre, alors que le travail sonore qui l’accompagne est assez impressionnant.

    Tout est un peu comme cela dans LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT : mal dégrossi, sur le fil de l’intention, ça fera la rue Michel. Et si le scénario manque de finesse et de contrepoint, il essaie de compenser tout cela par une surécriture qui se veut plus littéraire, plus noble. Cette dernière se place dans l’anecdotique, essayant de donner de la consistance aux personnages à force d’exemples, de métaphores et d’assimilations. C’est complètement calqué sur les procédés du FABULEUX DESTIN D’AMELIE POULAIN, où c’était fait avec pas mal de malice et d’ingéniosité. Ici, c’est bêtement illustratif et faussement poétique.

    LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT est un film pour enfants, disions-nous donc. Van Dormael s’intéresse plus particulièrement à la façon dont ils perçoivent le monde qui les entoure. Ce qui est étrange c’est que le film revêt la même vision que celle de son personnage principal, comme s’il ne pouvait pas avoir le recul nécessaire pour différencier narrateur et narratif. C’est un principe qui l’arrange bien à Van Dormael. Parce qu’il a le grand avantage de lui éviter de faire de l’étude de personnage et donc de leur donner une consistance autre que celle d’un cliché. C’est effarant à quel point la jolie fille de la cité se trouve réduite à alimenter les fantasmes de tous les mâles qui la regardent passer, ou se retrouve cantonnée au rôle de la salope de service dans l’esprit des autres filles. Encore plus effarant l’assassin qui essaie de nous convaincre que tuer c’est dans ses gênes, comme au temps des théories sarkozystes les plus fumeuses. Tout aussi effarante la zoophilie abordée comme un parangon de la libération sexuelle et de la liberté à disposer de son propre corps. Tout cela affiche un populisme très moralisateur sous couvert du bien-être de chaque personnage et du droit à la liberté individuelle. C’est en tout cas tout ce qui permet de comprendre comment une partie de l’électorat de gauche a progressivement glissé vers l’extrême droite. Sous un discours flatteur et trompeur, le film en cache un autre plus rétrograde et aussi culpabilisant qu’une couverture de « Libération ». Choisis ton camp, camarade !

    C’est un peu pour toutes ces raisons que le film peine souvent à incarner les situations. En flirtant avec le consensuel à tout va, il se prive de charger émotionnellement certains passages, ce qui serait gagnant-gagnant puisque le film pourrait trouver là les allures du conte. Par exemple, quand Benoît Poelvoorde bat sa fille avec sa ceinture, d’abord son jeu est très caricatural, avec des accents comiques, et Pili Groyne, elle, se trouve hors champ. Du coup, nous sommes privés de sa réaction, donc de la nôtre. Je ne vous raconterai pas comment la jeune fille perd son bras mais, là aussi, l’anecdote est trop stylisée (l’image est vraiment belle, avouons-le) pour nous émouvoir. Et comme être rétrograde s’accompagne souvent d’une pudibonderie caractérisée, évidemment les attributs d’Eve et d’Adam sont cachés (il faut cependant reconnaître qu’ici, le réalisateur joue avec le gag d’une manière assez bien exploitée). Bref, cette propension à esquiver la nature des choses, malheureusement le film l’instaure comme une charte de bout en bout.

    Passées toutes ces considérations, il faut tout de même souligner l’effort de composer certains cadres. Toujours en relation avec l’envie appuyée de rendre l’ensemble beau à regarder. Et cela s’accompagne parfois d’une échelle des plans intéressante, comme dans la scène où Pili Groyne discute avec sa figurine de Jésus. Couplé à un montage rigoureux, le film avance sans que l’ensemble ne soit désagréable. D’ailleurs si le montage ne cherche pas le signifiant, il a néanmoins le mérite de rendre compte d’une fluidité et d’un bon tempo. Si bien que nous avons l’impression que tout le monde bosse dans son coin, limite en loucedé, pendant que le réalisateur s’agite dans son coin. Voilà ce qui manque au film : un travail d’équipe. Car la somme de ces individualités ne reflète pas leur talent.

    Cette histoire pouvait être abordée sur de multiples tons ; Jaco Van Dormael a choisi la comédie douce-amère, aux accents loufoques tout d’un seul trait. Benoît Poelvoorde semblait correspondre idéalement pour ce personnage extraverti, mais il lui manque cette noirceur qui aurait empêché la balance de pencher plus du côté de la douceur que de l’amerturme. N’étant pas très bien dirigé, il sort les kalaschs pour essayer d’étoffer un personnage qui manque de profondeur. Il y a pourtant un moment de grâce que vous capterez si vous êtes vigilants et que vous tendez bien l’oreille, vous l’entendrez parler des « dix-huit z’apôtres », et je mettrais ma colocataire au feu que ce n’est pas fait exprès ! Comme c’est un acteur qui sait très bien cabotiner (vous y trouverez quelques festivals d’eyes acting, de nose acting, et toute la panoplie du visage !), il n’est pas pour rien dans cette frontière entre le grotesque et la farce que le film ne s’accorde pas à franchir. Même dans sa sobriété, Yolande Moreau force son appellation d’origine contrôlée, en ayant une nouvelle fois recours au clown qu’elle trimballe avec elle depuis de nombreuses années. Ici, elle est assez décevante car elle ne lui confère rien de nouveau (je veux dire par là que De Funès (encore lui !) se ramenait toujours avec le même clown lui-aussi, mais savait concocter des variations jusque dans la subtilité). Moreau, elle, se contente du minimum syndical, mais, à sa décharge, je lui accorde la pauvreté du rôle qu’on lui a refilé. La petite Groyne est délicieusement fausse avec ses phrases qui prennent le même tournant. Cela rappelle la façon de jouer toujours aussi fausse qu’avaient les enfants comédiens dans les années 50. Ca s’est perdu et c’est bien dommage, car cela leur conférait une musicalité un peu faisandé. N’oublions pas de mentionner que c’est ce personnage qui raconte l’histoire et qu’il use ad nauseam d’une voix off, qui a la même utilité que dans 98,56% des films qui utilisent ce procédé, à savoir permettre à l’histoire d’avancer de la sorte car le réalisateur ne sait pas le faire par de la mise en scène. Et puis, je terminerai par Catherine Deneuve. Pfff !... Que dire ? Par où commencer ?... L’actrice garante de la norme française à elle seule ! Ah, c’est sûr qu’elle ne dérange pas grand monde ! Et c’est probablement pour cela que personne ne veut la déranger en faisant une analyse précise de son jeu depuis qu’elle a décidé de jouer à Catherine Deneuve. Encore dans LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT elle expose son jeu daté, très scolaire et bien sous tous rapports. Ce qui pouvait faire la blague avant, se trouve écorché depuis quelques années par une maladie qui touche quasiment toutes les actrices considérées comme des sex-symbols dans leur jeunesse : la chirurgie esthétique. En premier lieu, on ne voit que cela ! Ca inonde l’écran comme une tâche d’encre sur un buvard. Ca imprègne chaque personnage d’une tristesse morbide non désirée. Et puis surtout, cela empêche de lire sur son visage les expressions que l’actrice souhaiterait faire passer. D’ailleurs, de nos jours, les réalisateurs se plaignent de plus en plus de ne plus trouver d’actrices, passé un certain âge, qui ne soient pas liftées. Aujourd’hui, les critiques vont préférer s’extasier sur Deneuve zoophile, plutôt que d’étudier son jeu coincé sous les agrafes chirurgicales. Ma théorie c’est qu’actuellement, lorsqu’elle choisit ses rôles, elle leur préfère l’efficacité au trouble. Revoyez ce que fait Charlotte Rampling (que je ne vénère pourtant pas) dans MAX MON AMOUR, c’est autrement plus complexe.

    Avec toute cette équipe qui ne joue pas le même jeu, le film réussit à être drôle mais uniquement à de rares occasions, et quasiment jamais du fait des acteurs. C’est uniquement de l’écriture que provient le rire qui peut surgir. En petits roublards qu’ils sont, Jaco Van Dormael et Thomas Gunzig ont misé sur la première partie du film pour essayer de nous gagner par l’humour. Car il faut dire que par la suite, cela s’essouffle vite, avec des gags qui se répètent. Un gag ne se répète jamais ! C’est une règle fondamentale. Un running gag se cache pourtant après le générique de fin (oui, je reste toujours pendant les génériques de fin et je trouve que l’on devrait mettre des amendes à tous ceux qui ne le font pas. D’ailleurs, j’ai décidé un jour, dans un élan sublimissime, d’arrêter de faire cela quand je pourrais arriver en voiture en bas de chez moi, en descendre, et laisser le soin à mon portier attitré d’aller la garer pour moi. Alors si et seulement si c’est votre cas, je peux concevoir votre levée intempestive sur fond de patronymes déroulants) mais il a tellement été éculé tout au long du film que vous pouvez vous en dispenser allègrement (sans encourir d’amende, s’entend).

    Par l’exemple de l’humour, victime collatérale de ces deux parties, nous touchons à un écueil du film qui est un vrai cas d’école, et nous allons le développer. LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT a un gros problème de structure. Une histoire, ce n’est ni plus ni moins que la rupture d’une routine. Il est donc inutile d’en briser une pour laisser le champ libre à une autre. C’est pourtant ainsi que le film est construit. La première partie, qui est la plus intéressante, est une partie d’exposition, disons. Le réalisateur expose la routine : Dieu, sa femme et sa fille. Sa fille en rébellion (la routine se fracasse). Fugue. Ou plutôt Exode. A partir de là, Pili Groyne s’en va à la recherche de six nouveaux apôtres pour écrire un tout nouveau Testament. Comme c’est le titre du film, c’était mieux qu’ils écrivent ça plutôt qu’un nouveau tome d’Harry Potter. Un peu comme tous ceux qui ouvrent un restaurant et qui n’ont aucune idée du nom qu’ils peuvent lui donner. Alors ça devient « Le 108 », puisqu’il est situé au numéro 108 de la rue. Il y a une cohérence. C’est sûr, c’est moins créatif… Bref, rébellion, Exode, apôtres, Testament. Et voilà le film qui s’ouvre sur 6 chapitres où notre jeune ado va rencontrer à chaque fois un nouvel apôtre. A chaque épisode la comédie recommence, et ce jusqu’à la fin du film. Le film s’enferme scénaristiquement dans une routine. Vous imaginez SHICHININ NO SAMURAI uniquement consacré au recrutement des samouraïs ?

    Tout cela vous donne donc bien une idée assez représentative de ce bouillon de culture duquel émerge une ingénuité préfabriquée bizarrement couplée à une arrogance très premier degré. Pour essayer de faire passer ce curieux mélange, Jaco Van Dormael a eu recours à des effets visuels vaniteux et sans emprise directe sur la mise en scène. Le reste de la technique semble s’être mis au diapason de ces effets, tant et si bien que les contours d’un parti-pris ne se distinguent pas, et ne permettent aucune envolée lyrique dans cette histoire. Structurellement viciée, cette dernière ne s’encombre nullement de méandres tissant les fils d’une intrigue pour parvenir au point final qu’elle annonce dès le départ : la quête d’un monde idéal, d’un monde sans aucun problème, d’un monde où il n’y aurait aucune nouvelle aux journaux télévisés et où le soleil brillerait sur tout le pays. C’est ce qu’on appelle le pays des Bisounours et je vous jure que le film se termine sur ce bon vieux cliché.

    L’intégralité de cette critique a été écrite avec l’accent belge. Et personne n’a rien remarqué. Décidément, l’humour est un mutant.

    Site web:  http://maydrick.over-blog.com/2015/07/le-tout-nouveau-testament-de-jaco-van-dormael-2015-belgique-france-luxembourg.html
    Ameni
    Le 20/09/2015
    123 critiques
    Je me suis retrouvé presque par hasard devant le tout nouveau testament, aidé par un concours de circonstances aussi variées qu’inintéressantes. L’occasion de (re)dire 1- que le hasard fait bien les choses, 2- qu’aujourd’hui est un grand jour puisque cela faisait une éternité que je ne n’étais pas allé voir un film francophone au cinéma et 3- que je suis bien content d’être allé le voir.

    Le pitch est assez savoureux. Dieu est un odieux connard qui tyrannise sa femme et sa fille de 10 ans. Cette dernière en a plein le dos et pour punir son gros beauf de père (qui n’a créé l’humanité que pour la faire chier et tromper l’ennui), balance aux humains, par SMS, les dates de décès de tout le monde. Elle descend ensuite parmi nous autres pour trouver ses 6 apôtres.

    La construction du film est plutôt simple, ce qui ne l’empêche pas d’être brillante. Le film est construit en chapitres de ce fameux tout nouveau testament. On découvre ces fameux apôtres avec leurs vies ternes et merdiques, mais chacun à leur façon. Sur la forme, Le tout nouveau testament fait simple. Sur le fond, il explose tout.

    Car Jaco Van Dormael nous sert une comédie poético-dramatique tout en subtilité et en décalé. Les moments WTF succèdent à des instants plus posés tout en suivant le chemin tranquille d’Ea (fille de Dieu) poursuivie par papa (quoique cet aspect de l’intrigue n’ait pas grand intérêt).

    Évidemment, sur 6 histoires certaines trouvent moins d’écho que d’autres, celle de Catherine Deneuve en tête. Son histoire d’amour est originale certes mais loin d’être la plus réussie et la dame ne dégage pas grand-chose. Ceci dit, la palme de l’acteur que j’aurais aimé ne pas voir dans le film revient à Benoît Poelvoorde qui à part gueuler, hurler, gesticuler ne fait pas grand chose d’intéressant. D’accord, son personnage est un beauf abruti de la pire espèce mais là Poelvoorde m’a plus fatigué qu’autre chose. (Dieu) merci, le reste du casting est absolument impeccable.

    Le truc cool avec le film, c’est que la bande-annonce laissait penser à une comédie décalée sur base de religion. Or, le tout nouveau testament serait plutôt une comédie décalée sur fond de religion, particulièrement réussie sur l’aspect dramatique, pleine de réflexion et particulièrement bien construite. Car ce découpage en chapitres (Genèse, Exode, Vies de chaque apôtre) permet de faire pleinement connaissance avec chaque personnage, le tout avec un petit air d’Amélie Poulain (présentation d’un personnage, avec voix off, personnage s’adressent à la caméra…). La comparaison s’arrête là, notamment au niveau de l’ambiance, plus sombre.

    On pourrait regretter un manque de consistance avec ces histoires éparpillées, le côté foutraque et décalé du film ne suffisant pas toujours. Ce qui n’empêche pas le film d’être drôle, émouvant, grinçant, cynique. Et c’est aussi parfois un peu long ce qui est un petit peu dommage (mais quand même moins dommage que le fait d’avoir fait jouer Poelvoorde). Ceci dit, en racontant 6 histoires à la suite, Jaco Van Dormael prenait aussi le risque de lasser le spectateur.

    En bref, un très bon film, plein de bonnes choses, intelligent et drôle, visuellement très beau, pas dénué de défauts certes, mais le jour où le cinéma français arrivera à faire un film comme celui-là n’est pas arrivé non plus.

    Site web:  http://blogameni.wordpress.com/2015/09/20/le-tout-nouveau-testament-jaco-van-dormael/
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